Que veux-je ?

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Seulement être guéri ou être sauvé ?

 

À Pellevoisin, Notre-Dame nous a donné, à nous Français, une belle leçon d’humilité : « Vous autres, Français, vous voulez toujours savoir avant d’avoir appris et toujours comprendre avant de savoir ». La superficialité, la légèreté, la paresse intellectuelle qui fait qu’on ne veut pas se donner la peine de creuser un peu plus profond, qu’on considère que ce sont les autres qui ont besoin d’étudier parce que soi-même, on sait ; voilà une plaie bien française ! Rien de plus redoutable que la réponse qui claque comme un coup de fouet péremptoire : Je sais ! L’intelligence est alors fermée à une connaissance plus approfondie et enrichissante.

Ainsi, lorsque vous voulez éclairer l’épisode des 10 lépreux dans l’Évangile, vous aurez toujours des infatués et des paltoquets qui vous couperont la parole pour dire : Oui ! oui ! Je sais ! Le sens est clair : quand on reçoit un bienfait de Dieu, il faut être poli et savoir dire merci. Point à la ligne. Tout est dit, passons à autre chose.

Est-ce bien sûr que tout soit dit ? Ce passage a un sens mystique profond car, comme nous dit St Paul, tout a été écrit pour notre instruction. Rien n’a été écrit au hasard dans les saints Évangiles. Et dans l’immensité des faits et gestes du Christ, le Saint-Esprit a guidé les Écrivains Sacrés afin qu’ils relatent certains faits bien réels pour leur signification mystique. Les 10 lépreux symbolisent toute l’humanité pécheresse qui désire sa purification. Les pécheurs qui désirent être sauvés sont de toutes espèces : ils ont péché dans tous les domaines ; ce qui veut dire qu’ils ont désobéi à tous les Commandements de Dieu. Ils sont donc 10 comme les 10 Commandements de Dieu qu’ils ont violés. Mais il n’est pas de péché que Dieu ne veuille pardonner. Si le péché contre le Saint-Esprit n’est pas pardonné, ce n’est pas que Dieu ne veuille pas, c’est que celui qui le commet se rend par-là incapable de demander pardon.

Saint PIe X

Le péché, c’est la lèpre de l’âme Pour en être sauvé, il faut d’abord avoir la Foi. C’est pour cela que, lors d’un baptême, le prêtre arrête celui qui va être baptisé hors du sanctuaire et lui dit : Que demandez-vous à l’Église de Dieu ? Réponse : La Foi ! Que vous procure la Foi ? Réponse : La vie éternelle !

Les 10 lépreux ont la Foi et la proclament : « Jésus ! Maître ! ayez pitié de nous ! » Ils reconnaissent Notre-Seigneur comme le Maître tout-puissant sur leur vie. Nous observons la solidité de leur Foi : Ils vont trouver les prêtres pour faire constater leur guérison alors qu’ils ne sont pas encore guéris. Ils se sont donc bien avancés sur la voie du Salut par leur Foi, parce que leur Foi est aussi pleine d’espérance. La Foi est en effet l’adhésion à une Vérité : le Christ est le Messie. L’espérance est une confiance en les dons de Dieu. Leur espérance est aussi grande puisqu’ils vont en toute confiance faire constater une guérison qui n’est que sous-entendue par l’ordre que le Christ leur a donné. En obéissant à cet ordre, ils ont permis à leur espérance de rendre leur Foi féconde : ils sont purifiés de leur lèpre, c’est à dire de leurs péchés.

C’est Dieu qui purifie des péchés, mais reconnaissons-Lui le droit d’en poser les conditions. Personne ne peut être purifié de ses péchés s’ils refusent d’aller se montrer au prêtre. Si l’un des 10 lépreux avait refusé, il serait resté dans son horrible maladie. C’est la mission de l’Église de purifier les âmes, par l’enseignement de la Vérité catholique parce que la Vérité nous libère, par la distribution des sacrements et spécialement le Baptême et la Pénitence. Celui qui ne veut pas de cet enseignement, celui qui refuse le Baptême, celui qui refuse de se confesser, se punit lui-même : il patauge par sa faute dans le jus infect de sa lèpre.

Si le Christ guérit et purifie à travers son Église : ses évêques et ses prêtres, nous comprenons, pour le salut des âmes, et à commencer par la nôtre, l’urgence de la prière pour avoir de saints prêtres et de saints évêques !

Cependant, sur les 10 purifiés, un seul est sauvé : le Samaritain. La Foi, quand ils étaient lépreux, les obligeait à garder leurs distances, les lépreux n’approchant pas des bien portants. C’est ainsi que ceux qui ont violé ne serait-ce qu’un seul des 10 Commandements de façon grave, ne peuvent s’approcher de Jésus-Eucharistie. Non seulement les communions sacrilèges ne sont d’aucun profit pour ceux qui les font, mais elles les enfoncent encore plus dans la malédiction.

Une fois purifiés, les lépreux guéris peuvent s’approcher de Jésus pour rendre grâce (Eucharistie signifie « action de grâce »). Hélas ! un seul le fera, un étranger. C’est à dire seuls ceux qui se considèrent comme des étrangers sur cette terre, sont assez détachés du monde pour vivre dans la charité. Le Samaritain se donne la peine de revenir, de chanter à haute voix la gloire de Dieu, de se prosterner aux pieds du Christ et de Le remercier.

La Foi et l’espérance ne suffisent pas, il faut la Charité. Quand donc suis-je ce samaritain ? Quand ma prière est sincère et aimante. Quand je me dévoue pour les œuvres spirituelles de miséricorde. Quand je pratique la Charité fraternelle autour de moi, Jésus ayant affirmé : « Tout ce que vous faites au prochain, même le plus petit, c’est à Moi que vous le faites ». Voilà pourquoi il n’y a pas de pensionnaire au Ciel qui n’ait pratiqué la Charité. À nous de voir si nous voulons entendre à notre mort le Maître nous dire : « Lève-toi et vas dans mon Paradis : Ta Foi, vivifiée par la Charité, t’a sauvé. ».

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