Le Saint Sacrement.

LETTRE DE PONTMAIN n° 11-13

Appel à la Prière du Sonneur de Notre-Dame pour le 17 novembre 2013

 

Comprendre et aimer… adorer ! (1)

 

« Mitte, Domine, mitigationes in cor meum, ut charitate« veritatis non amittamveritatemcharitatis :

« Envoyez, Seigneur, envoyez dans mon cœur l’adoucissement « et le tempérament de votre esprit, afin qu’entraîné par « l’amour de la Vérité, je ne perde pas la vérité de l’Amour »

Saint-Augustin (La Cité de Dieu)

 

« La vérité qui n’est pas charitable cesse d’être la vérité. »

Saint-François de Sales

 

 

 

 

Vous savez tous que le Livret de prières que nous utilisons à Pontmain à chaque Supplique à Dieu pour le retour du roi, est constitué de l’ensemble des prières que les voyants et les habitants de ce bourg ont dites, et des cantiques qu’ils ont chantés, pendant toute la durée des trois heures de l’Apparition.

 

En fait, ce n’est pas tout-à-fait exact.

En effet, il m’a semblé nécessaire d’ajouter quelques supplications supplémentaires dans le cadre de la récitation du chapelet du Rosaire, pour que les Mystères Douloureux que nous disons à chaque pèlerinage, soient l’expression explicite de notre demande de pardon pour les péchés de la France, de notre action de réparation de ces péchés par le chemin de croix qu’il nous fait parcourir simultanément, et de notre requête à Dieu pour le retour du roi qu’Il voudra bien donner à la France.

 

Ensuite, en plus des prières spécifiques de demande du salut de la France et du retour de son roi, j’ai tenu à ce que nous ayons 15 minutes d’adoration au Saint Sacrement et, comme précisé dans le livret, adoration au Saint Sacrement « dans Sa Royauté sur la France ».609ostensoir

 

Ainsi donc, les deux prières emblématiques de la Supplique sont :

  • Le chapelet, comme en 1871, mais dont les demandes sont adaptées à la situation de la France de notre temps,
  • L’Adoration au Saint-Sacrement qui, elle, n’a pas eu lieu pendant l’Apparition.

 

Pour ce qui concerne le chapelet, il n’y a rien à ajouter puisque les méditations de chaque « Je vous salue Marie », formulées clairement, sont une aide appropriée pour cette oraison. Mais en ce qui concerne l’adoration, il n’y a pas de directive sinon « adoration dans Sa Royauté sur la France ». Cette louange est laissée à l’appréciation de chacun en son for intérieur pendant ces 15 minutes.

 

Venez, Esprit-Saint…

 

Pour mieux vous seconder, chers pèlerins, dans votre adoration, pour étayer celle-ci, permettez-moi de vous donner une piste issue de la prière au Saint-Esprit.

Je vous rappelle cette prière :

 

« Venez, Esprit-Saint, remplissez les cœurs de vos fidèles et allumez en eux le feu de Votre amour.
Envoyez Votre Esprit, Seigneur, et il se fera une création nouvelle et vous renouvellerez la face de la Terre.

Prions : Ô Dieu, Qui avez instruit le cœur des fidèles par la Lumière du Saint-Esprit, donnez-nous par ce même Esprit de comprendre et d’aimer ce qui est bien, et de jouir sans cesse de Ses divines consolations, par Jésus-Christ Notre Seigneur ».

 

Concentrez votre attention sur la demande de la fin de cette prière :

« Donnez-nous par ce même Esprit de comprendre et d’aimer ce qui est bien »

 

Question : Qu’est-ce qui est bien pour Dieu ?

Et je préciserais : Qu’est-ce qui est le suprême bien que l’homme doit faire et rendre à Dieu ?

Réponse : l’ADORATION !

Justification :

Rappelez-vous vos leçons de catéchisme, au moins pour les plus anciens d’entre vous qui appreniez encore « par cœur », et plus particulièrement la question : « Pourquoi Dieu nous a-t-Il créé ? ». La réponse n’est-elle pas : « Dieu nous a créé pour L’ADORER, L’aimer et Le servir. » ?

 

Pour l’ADORER… D’abord !

Et c’est de cela que je voudrais vous entretenir…

 

 

Comprendre et aimer adorer

 

La prière au Saint-Esprit nous fait demander à Dieu d’aimer L’adorer et de comprendre l’adoration que nous Lui devons.

La plus belle adoration que nous devons à Dieu se manifeste, je dirais se concrétise, par l’adoration de Son Très Saint-Sacrement, l’adoration de Sa Très Sainte Hostie, qui n’est autre que Son Divin Cœur (se rapporter aux divers miracles eucharistiques qui démontrent, par les analyses effectuées, que la chair révélée lors de ces miracles est toujours du myocarde, ou muscle cardiaque).

 

Sur Terre en particulier, c’est l’adoration que Dieu préfère.

 

Nous devons donc aimer l’adoration au Saint-Sacrement.

Mais en même temps nous devons la comprendre, en connaissant ce qu’elle est vraiment et ce qu’elle implique, pour être capable de la faire du mieux de notre petit possible. On aime d’autant plus ce que l’on fait qu’on comprend mieux ce que l’on fait !

 

Comprendre l’adoration au Saint-Sacrement, c’est en saisir le sens, le pourquoi par notre intelligence et notre raison. Finalement, comprendre l’adoration au saint-Sacrement c’est l’assimiler dans notre esprit par notre raison. Assimiler… ad simile… vers le semblable ! C’est la rendre nôtre, c’est y adhérer de tout notre être… C’est nous faire adoration … C’est finalement aimer cette adoration…, la saisir par notre cœur !

 

D’où l’expression paradoxale de la prière à l’Esprit-Saint :

« Ô Dieu, Qui avez INSTRUIT le CŒUR des fidèles par la LUMIÈRE du Saint-Esprit […] » ?


Instruire : c’est enseigner, c’est transmettre une connaissance, c’est former, c’est aussi nourrir.

 

A priori, l’instruction est plutôt un processus qui concerne le cerveau, l’intelligence, la réflexion, la compréhension… la raison en un mot… et non le cœur, siège des sentiments et de l’amour en particulier.

A priori seulement, car penser cela c’est méconnaître la vraie nature de la « Lumière » troisième mot important de la phrase.

 

Aussi, rappelons ici du tout début de la prière :

« Venez, Esprit-Saint, remplissez les CŒURS de Vos fidèles et allumez en eux le FEU de Votre AMOUR ».

On retrouve le mot « cœur(s) »… mais on trouve cette fois les termes « feu » et « Amour » à la place de lumière.

 

Pour bien comprendre, comparons l’Être divin à un brasier dans son unité.

On constate qu’il est à la fois :

. Foyer : la cause ou l’origine, le Père,

. Flamme : l’émanation ou la forme, le Fils,

. Chaleur brillante (ou Lumière ardente) : l’attribut ou la caractéristique, le Saint-Esprit.

Tous les trois sont distincts mais inséparables. Les trois sont brasier et chacun est brasier. La flamme est bien engendrée par le foyer, et consubstantielle à ce foyer. La lumière ardente procède bien (provient), et du foyer par la flamme, et de la flamme par le foyer.

 

Au sein de la Très Sainte Trinité, le Saint-Esprit, esprit unique et commun du Père et du Fils est Connaissance (Lumière) pleine et entière, parfaite, mutuelle de l’Un par l’Autre, en même temps qu’Amour (Chaleur ardente) parfait, mutuel de l’Un pour l’Autre.

 

Alors, le paradoxe de la prière s’évanouit :

Pour tout ce qui touche à l’instruction des choses divines, le Saint-Esprit Amour passe toujours par le cœur, Il le pénètre, le réchauffe, le comble de son indicible ardeur. Par ce don, Il sollicite la liberté du cœur et lui demande son assentiment. Avec celui-ci, le Saint-Esprit Lumière ouvre l’âme, l’inonde de son enseignement du Bien, illumine l’intelligence dans sa globalité, subitement, immédiatement (sans l’artifice de média ni de la logique humaine), totalement, avec plénitude, et lui dit : « Ephata » « Ouvre-toi ». Alors, éblouie et comblée au-delà de tout, l’intelligence comprend, puis admire, puis adhère et porte enfin le cœur à aimer.

 

Nous devons demander au Saint-Esprit de nous faire ce don de compréhension et d’amour de l’adoration du Saint-Sacrement.

 

Ce don de l’Esprit a un nom : La Sagesse !

 

(Suite le mois prochain)

 

 

Chouandecoeur

 

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