Le grappin utilise toujours les mêmes ficelles.

Voici un nouvel écrit de notre aumônier, l’abbé De Durat, tout a fait d’actualité.

Il est tiré du bulletin de la chapelle Sainte Famille.

Pour en savoir plus : abjde.durat@cegetel.net

 

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Qui ne connaît l’expression : Pourquoi changer une équipe qui gagne ? Quand on a trouvé un moyen performant qui permet d’arriver à ses fins, pourquoi changer ? Le mieux est souvent l’ennemi du bien.pénitences

Le Démon, qui pourtant a fait le choix le plus stupide et le plus aberrant de toute l’histoire des créatures, n’a cependant pas perdu ses capacités intellectuelles. Ses offensives pourraient sembler fort variées, mais en réalité elles suivent toujours la même stratégie et la même tactique.

Pour faire tomber, sa stratégie consiste à se servir des 3 concupiscences et souvent dans le même ordre. Ainsi, dans la tentation à laquelle il soumet Ève, Satan cherche d’abord à éveiller la concupiscence de la chair, c’est à dire l’insoumission de notre corps à notre esprit. « Ne mangez-vous pas de tous les fruits de ce jardin ? » Il veut éveiller le désir de la chose défendue. Ayant réussi à faire baisser la garde en ce domaine, il va provoquer un désordre de l’esprit : « Vous serez comme Dieu ! » Ah ! la belle promotion ! Satan invite nos premiers parents à faire comme lui : se dresser orgueilleusement face à Dieu. Comme la concupiscence de l’orgueil est ridicule ! L’homme, cette poussière dans les mains de son Créateur, qui se proclame Dieu alors qu’il est entièrement soumis et conditionné par les lois divines. Aucune créature ne peut échapper à ces lois. Enfin, Satan va susciter la concupiscence des yeux, c’est à dire l’amour désordonné des choses, la puissance sur les choses : Vous saurez tout et cette science vous apportera la puissance sur tout. Et nos premiers parents sont tombés dans le panneau, pour leur plus grand malheur et celui de leurs descendants.

Tactiquement parlant, Satan est le prince du mensonge. C’est un tricheur, un menteur pire que les vendeurs de foire et les arracheurs de dents. Pour jeter de la poudre aux yeux, il s’y entend ! En effet, pendant une tentation, le péché qu’il veut faire commettre, il le pare des plus beaux atours : C’est la solution la plus facile, la plus agréable, la plus efficace. Ainsi, l’alcool, c’est tellement agréable. L’adultère, quelle satisfaction cela donne. Les contraceptifs, l’avortement, c’est quand-même bien commode. Le divorce, c’est la paix. Le mensonge, comme c’est pratique. Les « détournements de fonds, c’est bien utile. Le repos ou le sport à la place de la Messe du dimanche matin, c’est tout de même bien nécessaire à la santé. Quant aux inconvénients de ces désordres, le Tentateur se charge de les minimiser et même de les escamoter.

Il a procédé de la Temptation_of_Christmême manière avec Notre-Seigneur. Par la tentation des pains, il l’a incité à utiliser la puissance divine uniquement au profit de son corps en refusant d’assumer son choix libre. Notre-Seigneur a choisi de passer 40 jours dans le désert à jeûner. Il est pour le moins logique qu’à la fin de cette période, il ressente la faim. Allez ! Juste une petite « triche » !

Par la tentation du pinacle du Temple, c’est une incitation à attirer les foules par la fausse gloire plutôt que par le dur chemin de la fidélité quotidienne. C’est la tentation du show-business. Ce qui flatte l’orgueil. Là encore, juste une petite « triche » en détournant le sens de la Sainte Écriture

Par la tentation de la possession du monde, c’est l’incitation à une royauté de théâtre, de marionnette avec une couronne en plastique, mais sans passer par la Croix. Allez, au lieu de mourir bêtement sur la Croix, adore-moi et je te ferais roi de toute la terre. Un roi incontesté : j’ai le contrôle. Un roi juste avec un collier et une laisse…

À nous aussi il fait subir les mêmes tentations avec les mêmes ficelles et les mêmes mensonges. Ce qui lui plaît surtout, c’est de nous inciter à tricher avec Dieu et avec notre conscience : il nous fait voir à la loupe et de façon obsessionnelle les avantages prétendus du péché et de la transgression tout en nous aveuglant sur les inconvénients redoutables. Il procède toujours ainsi. Voilà pourquoi, bien souvent, c’est le jour où il faut jeûner qu’on ressent le plus la faim, c’est pendant le carême qu’on a le plus envie de confiseries et que l’imagination des maîtresses de maison foisonne d’idées de recettes succulentes.

Rappelons-nous toujours ceci : le tentateur ne tient jamais ses promesses. Le plaisir annoncé déçoit terriblement. En fait de plaisir et d’avantages, il ne nous donne que la malédiction du péché et l’amertume de la souillure.

Suivons plutôt le doux Sauveur sur la voie de la pénitence. Aux agents du démon qui rejettent la nécessité de faire pénitence, répondons par les paroles du Fils de Dieu à ses disciples : « Si vous ne faites pénitence, vous périrez tous ! »

Il nous faut prendre de bonnes résolutions de carême et ne pas nous contenter de souffrir seulement en imagination. Suivons le Rédempteur dans le désert spirituel, vie intérieure de silence sous le regard de Dieu. Nous serons capables d’avoir un regard sans complaisance sur nos faiblesses. Faisons le choix déterminé et efficace d’un effort, d’un renoncement précis. Puis entrons dans cette sainte carrière sans mollir. Au terme, comme les Anges servaient Notre-Seigneur au désert, ils nous donneront les grâces de Pâques et nos cœurs seront comblés.

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