En face, l’ennemi ne fait pas de cadeau!

Revêtons la panoplie du combattant de Dieu.

 

Au mois de juin dernier, on a fêté à grands flonflons le 70ème anniversaire du débarquement sur les plages de Normandie. Terrible débarquement sous une grêle de balles et d’obus. Peut-on imaginer qu’au plus fort de la bataille, un régiment entier de GI’s américain soit sorti des barges de débarquement avec des treillis rose fluo à fleurs, armés de guitares et chantant comme les Hippies le feront 20 ans plus tard : « Peace ‘n Love ! Paix et Amour, mes frères ! » ? La réponse de la Wehrmacht eût vite été un feu nourrit sur ces inconscients !

Le désarmement ne peut jamais être unilatéral. Hélas ! depuis 50 ans, un vent de folie a soufflé sur les hommes d’Église et on a désarmé unilatéralement. Ce monde pour lequel Jésus a refusé de prier et dont le Prince est le Diable, ce monde a cessé d’être considéré par le personnel ecclésiastique comme l’ennemi. Il fallait s’ouvrir au monde, chercher à comprendre le monde, fraterniser avec le monde, selon la théorie : dans un panier de pommes avariées, en mettant quelques pommes saines, tout le panier va redevenir sain. Alors on a cessé de prêcher l’existence du Diable. On a fait comme si le Diable n’existait pas, comme s’il n’y avait pas de bataille.

Les faits sont têtus. Le Diable existe. Personnellement, il m’est arrivé de le rencontrer, bien trop souvent. Nous ne cessons de le rencontrer sous la forme de tentations et d’embûches. Il existe et c’est un ange, un pur esprit, créé par Dieu. Il est immortel. Il est très puissant car, au sortir des mains du Créateur, il était le plus parfait, le plus intelligent, le plus fort et le plus beau des Anges. Il s’appelait Lucifer, c’est à dire ‘le Porteur de la Lumière’. Mais aujourd’hui il est déchu car il a refusé de servir Dieu et St Michel Archange, par la puissance divine, l’a chassé du firmament avec tous les anges qui l’avaient suivi dans la révolte.

Ces hordes infernales nous haïssent et rugissent de dépit à l’idée que nous puissions connaître le Bonheur du Ciel dont ils sont définitivement exclus par leur faute. Le Diable et ses anges nous livrent un combat acharné et sans merci pour nous entraîner dans le gouffre infernal, ce royaume des ténèbres où ne sont que pleurs et grincements de dents.
Le problème, c’est que le Diable et ses larbins sont beaucoup plus intelligents et puissants que nous. Ils ne cesseront pas le combat. Ils ne feront jamais de paix séparée. Il ne feront aucun quartier. Ce qu’ils veulent, c’est la mort éternelle pour tous. Si nous voulons échapper à un si funeste sort, il n’y a absolument qu’une solution : les moyens que Dieu nous donne. Ces moyens assurent infailliblement la victoire finale.

Pour nous protéger efficacement, pour rendre les contre-attaques fructueuses, le Bon Dieu nous donne une véritable panoplie. À nous de nous en revêtir, humblement. C’est cette armure divine qui nous sauvera et non notre habileté et nos capacités. C’est pour la gloire de Dieu et non pour notre propre autosatisfaction que nous devons combattre. Alors nous serons revêtus de l’armure de Dieu.

Nous disposons d’abord du solide ceinturon de la Vérité. Car c’est la Vérité et la Vérité toute entière qui nous maintient dans le combat. À quoi serviraient toutes sortes de qualités humaines au service de l’erreur ? On ne peut mélanger la lumière et les ténèbres. Nous devons ensuite nous revêtir de la solide cuirasse de la justice. La justice consiste à rendre à chacun ce qu’on lui doit. Un jour, Notre-Seigneur dira à ses ennemis qui l’entouraient tels des fauves prêts à bondir sur leur proie : « Qui de vous me convaincra de péché ? » Jésus était le Juste par excellence et ses ennemis ne pouvaient trouver aucun défaut à la cuirasse de sa justice. Chaque fois qu’on manque à la justice, on offre un défaut à sa cuirasse, et le diable sait en profiter. La justice nous fait placer Dieu au premier rang. C’est en toute justice que Ste Jehanne d’Arc proclamait : « Messire Dieu premier servi ! ».

La première chose qui est due à Dieu, c’est le culte. Mieux nous rendrons un culte à Dieu, plus solide et efficace sera notre cuirasse contre le démon. Quand le feu de l’ennemi est nourri et puissant, les soldats préfèrent la protection d’un mur solide, et plutôt trop que pas assez ! Si on ne va pas à la Messe tous les dimanches, si on fait des travaux défendus le Jour du Seigneur, si on néglige sa prière du matin et du soir, si on manque de justice vis-à-vis de son prochain, on est ce soldat qui s’avance sous le feu de l’ennemi avec une chemisette comme gilet pare-balles.
La vie est une route raboteuse et pour la parcourir sans se tordre les chevilles, il faut de solides brodequins. Ce qui nous fait avancer d’un pas assuré dans notre vie spirituelle, c’est notre zèle à pratiquer les vertus évangéliques, spécialement la vertu de charité. Sans la charité, nous aurons une entorse à la cheville. Et comme le démon nous envoie de temps en temps des tentations violentes comme des javelots enflammés, c’est le bouclier de la Foi qui les arrêtera. Notre force de résistance au diable est proportionnée à la rectitude et à la conviction de notre Foi. Si notre croyance s’écarte un tant soit peu de la Vérité sur un point quelconque, si nous ne nourrissons pas la certitude de notre Foi par la connaissance de la Vérité révélée, nous offrirons un bouclier en peau de chagrin aux javelots enflammés du démon et nous serons terrassés par la tentation.

Le casque du Salut, nous l’avons reçu avec l’eau du Baptême et l’onction du St Chrême : c’est l’état de grâce. Nous gardons et renforçons ce casque par la fréquentation des sacrements. Enfin l’épée qui est la Parole de Dieu, le Verbe Lui-même. C’est la Vérité catholique. C’est la connaissance de cette Vérité. Quand notre intelligence a assimilé cette doctrine, qu’elle en entretient la connaissance, alors le Saint-Esprit dicte les réponses qui mettent le démon en déroute.

Si Notre-Dame s’est toujours montrée forte comme une armée en ordre de bataille, c’est que, par son humilité, sa docilité, sa justice, sa charité et sa méditation constante des mystères divins, elle était parfaitement couverte de l’armure de Dieu. Recourrons à elle pour nous armer correctement. Ne jouons pas aux Hippies, en face, l’ennemi ne fait pas de cadeaux.

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